Les sept merveilles du monde antique sont sept réalisations choisies par des érudits grecs à partir du IIe siècle av. J.-C. pour illustrer le génie architectural du monde méditerranéen. Sur les sept, une seule est encore visible aujourd’hui : la Grande Pyramide de Gizeh. Les six autres ont disparu, victimes de séismes, d’incendies ou des siècles qui passent, mais leurs récits continuent de fasciner voyageurs et historiens.
Une liste née de l’émerveillement grec
L’idée de recenser les monuments les plus admirables du monde connu remonte à des auteurs grecs du IIe siècle av. J.-C. Philon de Byzance est le premier à en avoir consigné une liste complète. Ces sept constructions s’étendent sur plus de vingt siècles de chantiers : des pyramides de Gizeh bâties vers 2560 av. J.-C. jusqu’au phare d’Alexandrie achevé vers 280 av. J.-C. Leur point commun : elles se situaient toutes dans l’arc méditerranéen et le Proche-Orient, le monde connu des Grecs.
Ce qui réunissait ces chefs-d’œuvre, ce n’était pas uniquement leur taille. C’était le sentiment d’impossibilité qu’ils inspiraient à ceux qui les voyaient pour la première fois.
La Grande Pyramide de Gizeh : la seule encore debout

Construite vers 2560 av. J.-C. sous le règne du pharaon Khéops, la Grande Pyramide est la plus ancienne des sept merveilles et la seule à avoir traversé les millénaires. Avec ses 146 mètres de hauteur d’origine et une base de 230 mètres, elle a été la structure la plus haute du monde pendant près de 4 000 ans.
Sa construction mobilisa plus de deux millions de blocs de calcaire et de granit. À l’origine, un revêtement de calcaire poli blanc la faisait briller sous le soleil du désert à des kilomètres à la ronde. Ce parement a presque entièrement disparu, récupéré au fil des siècles pour d’autres constructions.
Comment des dizaines de milliers d’ouvriers ont-ils érigé une structure d’une telle précision sans les outils modernes ? La question reste ouverte et fait encore l’objet de recherches actives.
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Les Jardins suspendus de Babylone : la merveille fantôme

Les Jardins suspendus sont la seule des sept merveilles dont l’existence même est incertaine. Aucune trace archéologique ne les atteste à Babylone, dans l’actuel Irak, et les textes babyloniens de l’époque n’en font aucune mention.
Selon les récits antiques, le roi Nabuchodonosor II les aurait fait construire entre 605 et 562 av. J.-C. pour son épouse Amytis, originaire des montagnes verdoyantes de Médie, qui souffrait de l’aridité babylonienne. Composés de terrasses irriguées depuis l’Euphrate, ils auraient atteint plus de 23 mètres de hauteur. Certains historiens modernes avancent qu’ils se trouvaient en réalité à Ninive, dans l’actuel nord de l’Irak, ce qui expliquerait la confusion dans les textes anciens.
La Statue de Zeus à Olympie : or, ivoire et génie grec

Créée au Ve siècle av. J.-C. par le sculpteur Phidias dans le sanctuaire d’Olympie, en Grèce, la statue représentait Zeus assis sur son trône, tenant un sceptre d’une main et une statuette de Niké de l’autre. Elle mesurait environ 12 mètres de hauteur.
Sa technique était la chryséléphantine : des plaques d’ivoire formaient la peau du dieu, tandis que l’or martelé habillait ses vêtements et ses ornements. Le géographe Strabon notait que Zeus semblait presque toucher le plafond du temple de la tête. Transportée à Constantinople au Ve siècle apr. J.-C., la statue a vraisemblablement péri dans un incendie entre le Ve et le VIe siècle.
Le Temple d’Artémis à Éphèse : brûlé pour être immortel

Le Temple d’Artémis a pris plus de 120 ans à s’élever à Éphèse (Turquie actuelle), financé par le roi Crésus de Lydie, avant d’être achevé vers 550 av. J.-C. Sa façade comptait 127 colonnes de 18 mètres de hauteur pour un édifice de 129 mètres de long sur 69 mètres de large.
Dans la nuit du 21 juillet 356 av. J.-C., un certain Érostrate y mit le feu délibérément pour que son nom soit immortalisé dans les livres d’histoire. Il y parvint. Selon la tradition, Alexandre le Grand naquit cette même nuit. Le temple fut reconstruit, puis définitivement détruit en 401 apr. J.-C. Il n’en reste aujourd’hui qu’une seule colonne solitaire, à Selçuk, en Turquie.
Le Mausolée d’Halicarnasse : la tombe qui a changé la langue

Achevé vers 351 av. J.-C. à Halicarnasse, aujourd’hui Bodrum en Turquie, ce monument funéraire fut érigé pour Mausole, satrape de Carie, et son épouse Artémise. Haut d’environ 41 mètres, il mêlait des influences architecturales grecques, égyptiennes et lyciennes dans un style hybride sans équivalent.
Quatre sculpteurs grecs de premier plan travaillèrent à sa décoration extérieure. C’est de ce tombeau que vient directement le mot « mausolée », entré dans toutes les langues européennes. Au XVe siècle, les Chevaliers de Saint-Jean récupérèrent ses pierres pour bâtir le château de Bodrum, encore visible depuis le port aujourd’hui.
Préparer mon voyage avec une assurance YupwegoLe Colosse de Rhodes : 56 ans de gloire

Entre 292 et 280 av. J.-C., le sculpteur Charès de Lindos érigea à Rhodes une statue du dieu Hélios haute de plus de 33 mètres, financée grâce à la vente du matériel de siège abandonné par Démétrios Poliorcète après sa défaite. Un tremblement de terre la renversa vers 226 av. J.-C. : elle n’avait tenu que 56 ans.
Ses débris restèrent au sol pendant plus de huit siècles, encore assez impressionnants pour attirer des visiteurs. Vers 654 apr. J.-C., les morceaux de bronze furent vendus et transportés par caravane : selon les chroniqueurs de l’époque, sur neuf cents chameaux.
Contrairement à l’image populaire, la statue ne chevauchait pas l’entrée du port. Les historiens s’accordent à dire qu’elle se dressait sur ses deux pieds, probablement sur un promontoire.
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Le Phare d’Alexandrie : la tour qui guidait les navigateurs

Construit sur l’île de Pharos, à l’entrée du port d’Alexandrie, le phare fut achevé vers 280 av. J.-C. à l’initiative de Ptolémée Ier Soter. Avec une hauteur estimée à environ 134 mètres, c’était l’une des structures les plus hautes jamais bâties dans l’Antiquité.
Son feu, réfléchi par des miroirs, était visible à plus de 50 kilomètres en mer, un repère essentiel pour les navires de la Méditerranée orientale. La structure se composait de trois niveaux : une base carrée, une section octogonale et une tourelle cylindrique surmontée d’une statue.
Endommagé par des séismes aux Xe, XIVe et XVe siècles, le phare s’est progressivement effondré. Le fort Qaïtbay, élevé vers 1480 sur l’île de Pharos avec une partie des pierres de l’ancienne tour, est encore visitable aujourd’hui.
FAQ
Quelle est la seule des sept merveilles du monde encore visible ?
La Grande Pyramide de Gizeh, en Égypte, est la seule à avoir survécu jusqu’à nos jours. Les six autres ont disparu à cause de tremblements de terre, d’incendies ou de pillages au fil des siècles.
Qui a établi la liste des sept merveilles du monde ?
Des érudits grecs à partir du IIe siècle av. J.-C. Philon de Byzance est le premier auteur connu à en avoir rédigé une liste complète. La sélection canonique s’est fixée progressivement entre l’Antiquité et le XVIe siècle.
Les jardins suspendus de Babylone ont-ils vraiment existé ?
C’est incertain. Aucune trace archéologique ne les atteste à Babylone, et les textes babyloniens de l’époque n’en font pas mention. Certains historiens pensent qu’ils se trouvaient à Ninive, dans l’actuel nord de l’Irak, ou qu’ils relevaient en partie de la légende.
Le Colosse de Rhodes enjambait-il le port ?
Non, c’est un mythe populaire. Les historiens et archéologues s’accordent sur le fait que la statue se dressait sur ses pieds, probablement sur un promontoire près du port, sans en enjamber l’entrée.
Pourquoi dit-on « mausolée » pour désigner un grand tombeau ?
Le mot vient directement du Mausolée d’Halicarnasse, le monument funéraire érigé pour Mausole, satrape de Carie, vers 351 av. J.-C. C’est l’une des rares merveilles de l’Antiquité à avoir laissé un mot dans toutes les langues européennes.





