Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union européenne. Pour les voyageurs français, cela se traduit par trois changements concrets : un passeport biométrique obligatoire (la carte d’identité n’est plus acceptée), une autorisation électronique de voyage (ETA) exigée depuis le 2 avril 2025, et la fin de la libre circulation pour les séjours longue durée ou le travail. Voici ce que vous devez savoir avant de traverser la Manche.
ETA : la nouvelle formalité obligatoire depuis avril 2025
Depuis le 2 avril 2025, les ressortissants français doivent obtenir une autorisation électronique de voyage (ETA) avant tout départ vers le Royaume-Uni. Cette formalité s’applique quel que soit le moyen de transport : avion, ferry ou Eurostar.
Ce qu’il faut retenir sur l’ETA :
- Coût actuel : £20 par personne
- Validité : 2 ans ou jusqu’à l’expiration du passeport (selon ce qui survient en premier)
- Trajets multiples autorisés pendant la durée de validité
- Chaque voyageur doit disposer de sa propre ETA, y compris les bébés et les jeunes enfants
- La demande se fait en ligne sur le portail officiel du gouvernement britannique
L’ETA autorise des séjours touristiques, des visites familiales ou des déplacements professionnels courts, pour une durée maximale de 6 mois.

Passeport obligatoire : la carte d’identité n’est plus valide
Depuis le Brexit, seul le passeport biométrique est accepté pour entrer au Royaume-Uni. La carte nationale d’identité française n’est plus un document de voyage valable pour ce pays. Vérifiez sa date de validité bien avant votre départ.
Pour un séjour de plus de 6 mois (travail, études, résidence), un visa de long séjour est nécessaire en complément. Consultez le portail britannique de vérification des visas pour connaître les conditions exactes selon votre situation.
Protéger mon voyage au Royaume-UniAccès aux soins de santé au Royaume-Uni
La CEAM reste valable, mais avec des limites importantes
Bonne nouvelle : malgré le Brexit, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) est toujours acceptée au Royaume-Uni grâce aux accords de coordination sociale conclus entre l’UE et le Royaume-Uni. Elle ouvre l’accès aux soins médicalement nécessaires dans les établissements du NHS (système de santé public britannique), aux mêmes conditions que les résidents locaux. Présentez-la avec votre passeport.
La CEAM couvre aussi les maladies chroniques, les grossesses et les accouchements survenus lors d’un séjour temporaire, à condition que le soin ne soit pas le motif du voyage.
Ce que la CEAM ne couvre pas
La CEAM ne prend en charge ni le rapatriement sanitaire, ni les soins dans les cliniques privées, ni certains frais annexes. En cas d’hospitalisation prolongée ou d’évacuation d’urgence vers la France, les coûts peuvent être très élevés sans assurance.
Une assurance voyage complémentaire permet de couvrir :
- les frais médicaux non remboursés par la CEAM (dépassements, cliniques privées)
- le rapatriement médical ou sanitaire vers la France
- les situations où votre CEAM est expirée ou inutilisable
Sans couverture complémentaire, une simple hospitalisation dans une structure privée britannique peut engendrer des frais considérables, sans recours possible.
Résidents français au Royaume-Uni : settled et pre-settled status

Les Français installés au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 ont pu demander leur statut dans le cadre du EU Settlement Scheme. Deux statuts existent selon la durée de résidence :
Settled status (résident permanent)
Les Français justifiant d’au moins 5 ans de résidence continue au Royaume-Uni ont pu obtenir le settled status, équivalent à un droit de résidence illimité. Ce statut permet de s’absenter jusqu’à 5 années consécutives du territoire britannique sans perdre ses droits.
Pre-settled status (résident temporaire)
Les Français présents depuis moins de 5 ans ont pu obtenir le pre-settled status, qui autorise le séjour jusqu’à l’acquisition de 5 ans de résidence continue, puis la transition vers le settled status. Attention : une absence de plus de 2 ans consécutifs entraîne la perte de ce statut.
À noter : le statut est entièrement dématérialisé (pas de carte physique). Depuis juillet 2025, les règles de résidence continue ont été assouplies : la continuité est établie dès lors que l’absence totale ne dépasse pas 30 mois sur les 5 dernières années, ce qui bénéficie aux personnes ayant eu de longues absences pour des raisons professionnelles ou familiales.
Changements pour les étudiants français
Le Royaume-Uni a quitté le programme Erasmus le 1er janvier 2021. Les étudiants français souhaitant étudier outre-Manche pour plus de 6 mois doivent désormais :
- Obtenir un visa étudiant britannique
- Être admis dans un établissement d’enseignement supérieur agréé
- Justifier d’un niveau d’anglais suffisant (souvent certifié)
- Démontrer leur capacité à financer scolarité et séjour
Les frais de scolarité pour les étudiants internationaux (hors résidents) ont fortement augmenté depuis le Brexit. Vérifiez les tarifs directement auprès des établissements visés, car ils varient significativement selon les universités et les filières.
Si vous cherchez à combiner voyage et expérience professionnelle à l’étranger, d’autres dispositifs existent dans des pays tiers : les programmes vacances travail (PVT) offrent une alternative intéressante pour travailler légalement dans plusieurs destinations hors Europe.
Ce qui change pour les Britanniques en France
Les ressortissants britanniques souhaitant résider en France après le 1er janvier 2021 doivent se munir d’un visa long séjour, d’un titre de séjour et d’une autorisation de travail pour tout séjour dépassant 3 mois.
Ceux qui résidaient déjà en France avant le 31 décembre 2020 ont pu demander un titre de séjour portant la mention « Accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne ». Malgré les formalités, le Royaume-Uni reste une destination très prisée des voyageurs français, et Londres continue d’attirer pour le tourisme comme pour les affaires.
Avant de voyager dans des pays soumis à des autorisations spécifiques à l’entrée, pensez à vérifier les conditions en vigueur : c’est le cas par exemple pour la Thaïlande avec son visa DTV ou pour visiter la Colombie, où les règles d’entrée ont évolué récemment.
FAQ
Les Français ont-ils besoin d’un visa pour aller au Royaume-Uni ?
Non, pour un séjour touristique de moins de 6 mois, aucun visa n’est requis. En revanche, une ETA (autorisation électronique de voyage) est obligatoire depuis le 2 avril 2025. Elle coûte £20, est valable 2 ans avec trajets multiples, et se demande en ligne sur le portail officiel britannique avant le départ.
Peut-on encore utiliser sa carte d’identité pour aller en Angleterre ?
Non. Depuis le Brexit, seul le passeport biométrique est accepté pour entrer au Royaume-Uni. La carte nationale d’identité française n’est plus un document de voyage valable pour ce pays, quelle que soit la durée du séjour.
La CEAM est-elle toujours valable au Royaume-Uni ?
Oui. Grâce aux accords bilatéraux UE-Royaume-Uni, la CEAM est toujours acceptée dans les établissements du NHS pour les soins médicalement nécessaires lors des séjours temporaires. En revanche, elle ne couvre pas le rapatriement sanitaire ni les soins dans les structures privées : une assurance voyage reste indispensable pour partir l’esprit tranquille.
Erasmus fonctionne-t-il encore entre la France et le Royaume-Uni ?
Non. Le Royaume-Uni a quitté le programme Erasmus le 1er janvier 2021. Les étudiants français souhaitant étudier outre-Manche doivent désormais obtenir un visa étudiant britannique et satisfaire aux critères d’admission de l’établissement, dont la justification d’un niveau d’anglais certifié.
Qu’est-ce que le settled status ?
C’est le statut de résident permanent accordé aux citoyens européens (dont les Français) qui résidaient au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020 et justifient d’au moins 5 ans de résidence continue. Il confère un droit de résidence illimité. Les personnes ayant moins de 5 ans de résidence à cette date ont pu obtenir le pre-settled status, en attendant de remplir la condition des 5 ans.





